Contempler ces clichés c’est se laisser porter par les notes de leurs mélodies. On entend la musique, on caresse l’émotion vibrante qui étreint ces artistes dans leur rencontre avec l’infini. La musique est le plus divin des arts car il est totalement impalpable, il procède de cette alchimie sacrée, de cette quête du Graal dans laquelle nous sommes tous impliqués à chaque souffle de vie. Et dans la pureté de ces portraits en noir et blanc, on retrouve toute la puissance du yin et du yang, on sent palpiter leurs chairs, leurs cœurs à l’unisson de nos plus profondes émotions suspendues en leur vol, sculptées en une trame invisible mais tellement perceptible par nos sens affamés de cette fabuleuse synchronicité.
Un photographe est comme un peintre sans pinceau, il prend la réalité et la transcende avec sa propre vie, son énergie, sa lumière intérieure. Si la magie n’opère pas la photo ne sera qu’une pâle caricature du réel, mais quand elle est là c’est comme une évidence de beauté, un sourire de l’univers, une révérence astrale.
Beneich a réussi ce pari là avec ces maestro in solo, il est parvenu à cette correspondance immédiate de la mise en image du son sans en trahir la partition, sa vision les embrasse dans un vibrant hommage silencieux et pourtant si mélodieux. Ce sont des hommes, ce sont des dieux et Jacques Beneich est un grand monsieur…
Micha Christos

Mais loin de l’éphémère des collections et des podiums à paillettes, il passe maître dans l’art de photographier les êtres au plus profond de leur essence d’âme.
C’est en 1989 qu’il réalise une série culte de portraits des plus grands musiciens de jazz et de blues et avec lui la musique prend forme sous nos yeux car Jacques Beneich déchiffre pour nous leurs partitions les plus secrètes. Il nous offre de vrais instantanés d’éternité.










