Elle se mit à rire, mais, très vite, à fondre en larmes...
Les bureaux se trouvaient entre le 5ème avenue et la 34eme rue, dans un immeuble relativement imposant. Il se présenta et on lui montra ses nouveaux bureaux, plutôt sobres et spacieux, en le prévenant que Diane, sa boss, allait arriver pour le rencontrer.
Après seulement dix minutes d’attente, on frappa à sa porte. Une femme qui approchait de la cinquantaine, bien conservée, grande et fine, à l’allure austère, lui tendit la main.
«Bonjour Julian. Je suis Diane. Enchantée de vous rencontrer de visu.
-Bonjour Madame...
-Tsss, le coupa-t-elle. Ici, seulement les prénoms. Bon, et bien voilà, j’espère que vos bureaux vous plaisent. Je n’aime pas trop les excentricités sur les meubles, je ne les aime que dans le travail. Et je vous convie à faire la connaissance de Patricia, qui sera dorénavant votre assistante.
-Très bien.
-Parfait! Je suis ravie de vous avoir parmi nous, car malgré votre jeune âge, vous avez un beau début de carrière derrière vous-si l’on oublie évidemment l’aventure désastreuse de Los Angeles-et je vous attend en réunion dans une heure. A plus tard»
Elle sortit en lui faisant un grand sourire. L’allusion à Jessie n’était pas méchante, du moins dans son regard. Et d’un coup, le poids sur sa poitrine disparut. Il ne savait pas pourquoi, mais il sentait qu’ici, il allait peut être enfin devenir heureux.
-De la part d’une pute à Vegas? Merci de me donner un fou rire aujourd’hui.
-Oui, bon, c’est vrai, j’avoue...elle se mit à rire aussi. Bon, tu cherches dans quelle branche?
-Tu pourrais m’aider à trouver?
-Je pourrais, effectivement, mais à une seule condition... Tu ne dis jamais que c’est moi qui t’ait envoyée!»
Elles rirent toutes les deux, puis, étrangement, le silence revient entre elles, avec comme seul bruit celui de la cuiller que Molly tournait dans son café. Elle prit alors une cigarette et sortit devant la façade pour se la fumer tranquillement.
Elle sursauta quand elle entendit Isabella derrière elle:
«Tu sais que j’ai fumé pendant longtemps?
-Ah oui? Et pourquoi tu as arrêté?
-Parce que ça me tuait la santé, et que du fait ne pouvoir fumer partout, ça m’en a empêché, et donc voilà...
-Moi, tu vois, je vais t’expliquer ma différence avec toi. Je fume de un parce que j’aime ça, de deux, parce que je m’en fous de ma santé, et de trois, c’est justement pour emmerder les gens de cette ville qui sont outrés dès que je m’en grille une!»
Amanda observait son appartement, un verre de vin à la main. Songeuse, elle trouvait que tout était trop bien rangé, trop bien mis en place. Comme sa vie. Ou du moins, sa vie avant qu’elle ne rencontre Brian. D’avoir une liaison alors qu’elle était déjà en couple la libérait d’une certaine manière. Toute sa vie, elle avait toujours tout bien fait comme il fallait, elle avait tout ce qui lui fallait pour être heureuse, mais néanmoins, elle ne l’était absolument pas. Le propre et lisse, elle n’en pouvait plus. Elle se resservit un verre de vin et mit un disque assez fort. Elle ouvrit les fenêtres, se détacha les cheveux, et entreprit de mettre de la vie dans son appartement.










