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    Isabella était en plein rush quand elle vit débarquer Molly. Cette dernière avait encore l’air triste et penaude. Entre deux commandes, elle lui apporta un club au poulet, et lui fit signe d’attendre que la place se vide un peu.
            «Ah... enfin! Ce midi, c’était plus fort encore que d’habitude!dit-elle en s’asseyant face à Molly.

        -Tu dis ça à chaque fois Isabella. Tous les midis, c’est pareil!
            -Soit! Je sais ce que je dis...
            -A ce propos, tu ne recherches pas une serveuse?
            -Qui ça? Toi? Laisse moi rire, c’est impossible. Depuis que tu habites dans cet immeuble, je t’ai vue changer de boulot au moins six fois, pour telle ou telle raison, et tu crois que je vais t’engager?
            -Oui, mais la dernière fois, ce n’était pas de ma faute!
            -Je t’arrête tout de suite, ma puce. Tu as toujours de bonnes excuses, et crois moi, tant que j’aurai cet endroit, tu n’y travailleras jamais.
            -Mais pourquoi?
            -Parce que là encore, il y aura une excuse, et que tu vis au dessus, donc nous sommes voisines, et en plus de tout cela, j’espère aussi que nous sommes de bonnes copines, et je ne veux pas gâcher ça.
            -Si tu le dis...
            -Ne fais pas cette tête!
            -Mais j’ai l’impression de n’arriver à rien! Je cherche un boulot que je ne trouve pas, j’ai une vie sentimentale à la limite du merdique, je ne suis bonne à rien, et j’en ai ras le bol de vivre dans un bordel pas croyable.
            -Si tu changeais un peu ton langage, ça pourrait t’aider... Non?
            -Oh la la, je savais que je n’aurais pas du venir ici, j’ai l’impression d’entendre ma mère!

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Au fur et à mesure que le temps passait, Julian se rendait compte que non seulement, il était le seul à travailler, mais qu’en plus, Jessie s’en remettait toujours à son manager, qu’elle trouvait de bonnes excuses pour ne rien faire, et le peu qu’elle faisait, elle le faisait extrêmement mal. Mais bon, au départ, il fallait l’avouer, le salaire était conséquent et Julian se dit qu’il allait rester là encore quelques mois avant de revenir sur New York.

            Mais rien ne se déroula comme prévu. Le manager ne parlait que de son succès passé et croyait tout savoir sur la vie, il n’inventait que buzz sur buzz pour faire parler de Jessie et de son nouveau magazine, mais surtout, payait de plus en plus mal. Le salaire diminuait, et l’idée générale du magazine ne ressemblait en rien à celle du départ, car tout ressemblait plus à un fanzine qu’autre chose...

            Julian n’en pouvait plus. Rien n’allait. Tout se noyait de plus en plus dans une paranoïa ambiante, dans un je-m-en-foutisme total, et son compte diminuait à vue d’oeil, jusqu’au jour où il apprit qu’il était remplacé par des fans qui allaient faire le «même» travail, gratuitement en plus. Un dernier chèque devait arriver, mais il n’en vit jamais la couleur, avec, au contraire, des menaces et du chantage à tout va... Il se dit alors qu’il ferait mieux de retourner à New York, dans sa ville, loin de tout ce strass pailleté d’une vie qui ne lui convenait  de toutes manières pas. Il avait alors envoyé de multiples CV, et avait enfin déniché une place de chroniqueur dans un grand magazine de mode.

            Libre. Enfin. Mais aussi extrêmement stressé...

 

 

 




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