-Ravi également, dit William, un sourire en coin.
-Pardonnez le, il adore taquiner les beaux jeunes hommes. J’espère que ça ne vous dérange pas.
-Du tout, c’est... amusant. Bon, et bien voilà, j’ai encore beaucoup de choses à ranger dans l’appartement. Mais je me suis dit qu’un petit café à emporter ne me ferait pas de mal.
-C’est bien, vous n’êtes pas un de ces jeunes qui a succombé à Starbucks. Vous gagnez un bon point! répondit Isabella en riant.»
Non loin de là, à la New York University, Amanda Dringson venait de finir de donner son cours de littérature. Elle sortit d’un pas énervé et alla rejoindre dans la cafétéria son collègue, et petit ami, Andreas.
«Je n’en peux plus! Vivement la fin de l’année!dit-elle en soupirant.
-Que se passe-t-il encore ma jolie?
-Oh, mais rien! Je te jure, on a quoi, dix, douze ans de différence mes élèves et moi? Et j’ai l’impression que c’est un monde entier entre nous! Ils ne s’intéressent plus à la littérature! Pour eux, il n’y a que Perez Hilton, The Hills, Facebook, etc. qui comptent! Les grands classiques, ça ne compte pas. Quand tu leur demandes un grand auteur, ils te citent Stephen King!
-Ah ça! C’est la nouvelle génération. C’est ainsi. Imagine, mes cours d’histoire de l’art. Les seuls qui s’y intéressent vraiment le font en cachette, pour ne pas qu’on se moque d’eux. Allez ma chérie, on va se balader.»
-Non, je t’arrête tout de suite. Toi, tu es toujours belle et bien foutue, et je n’ai jamais connu personne dans ta vie...
-Mais si, mais ça n’a jamais duré. Et puis le «Eat and read» me demande beaucoup de travail, et je n’ai pas le temps de me consacrer à une vie sentimentale.
-La belle excuse!»
Ils se mirent à rire tous les deux. Puis ils burent leur café en silence, repensant aux derniers mots de la conversation.
William savait qu’il ne fallait plus se voiler la face. Il avait aimé, il avait été trompé, puis lâchement quitté. Puis il avait arrêté son travail d’antiquaire cinq ans auparavant, lorsqu’il avait perçu un héritage convenable qui lui permettait de ne plus se soucier d’un travail. Désormais, il profitait de la vie, passait une bonne partie de ses journées au «Eat and Read» et voyageait quand il en avait le temps. A côté de ça, il faisait du sport régulièrement pour entretenir une bonne condition physique, même s’il savait que dans les bars, il ne pouvait rivaliser avec les jeunes bombes qui fleurissaient dans la ville, malgré des traits toujours séduisants.
C’est à ce moment que la porte s’ouvrit, laissant rentrer un jeune homme plus qu’attractif. Il devait avoir un peu moins de trente ans, estima William, et présentait bien. Il avait un petit col roulé blanc, une veste vintage des années soixante-dix, et un jean qui tombait parfaitement sur ses cuisses musclées. Une petite barbe naissante, des cheveux bruns coupés courts, des yeux noisette et des petites lunettes finissaient l’ensemble. William était séduit...
«Bonjour, je m’appelle Julian. Je viens d’emménager au premier étage. Appartement 1A. Je voulais me présenter, puisque nous nous croiserons souvent je pense dit-il en tendant la main à Isabella.










